J’ai 30 ans. Voilà.

Il y a 15 ans, j’imaginais qu’à 30 ans je serais mariée, que j’habiterais une grande maison dans un quartier de bobos, avec un jardin verdoyant, une barrière blanche, le chien qui va avec et surtout un panier de basket au dessus du garage. J’aurai eu un mari businessman et aimant, 3 enfants pas chiants. J’aurai été une femme d’affaire en tailleur et talons aiguilles, j’aurai occupé un poste dans une grande entreprise et me serait trimbalée avec une mallette sous le bras. J’aurais été riche. Tous les dimanches on aurait invité les copains, on aurait ri, on aurait dansé et rigolé la bouche plein de poulet.

Je n’étais pas du tout accroc à la télévision et mon idéal de vie était bien loin des clichés des films / séries américaines.

J’ai 30 ans. C’est déjà pas mal sur le plan des prévisions !

Paraît que certains font des crises de la trentaine, 30 ans ça me va. Ma crise existentielle, moi, je l’ai faite à 25 ans.

A 25 ans, j’avais déjà vécu 1/4 de siècle. Quand je regardais en arrière je me disais que je n’avais pas fait grand chose et quand je regardais devant, je me disais qu’il ne me restait plus beaucoup de temps. J’avais fini mes études de droit depuis 2 ans, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire de ma vie. Ce qui me rassure, c’est qu’aujourd’hui c’est pas forcément « ben plus claire ».

Dans ma tête j’oscille entre 20 et 30 ans d’âge mental quand je ne descends pas plus bas parce que j’ai pas vraiment envie de monter plus haut. C’est peut-être pour ça que j’ai 30 ans et que je le vis très bien.

A 15 ans, je pensais que 60 ans c’était vieux. Genre grabataire en chaise roulante. Aujourd’hui, j’en ai 15 de plus et je me sens proche des gens de 40 ans alors que les gens de 20 ans sont jeunes, stupides et fauchés. Remarque à 30 ans, je suis toujours jeune et fauchée comme les blés. A présent, je réalise que ma vision de l’âge était biaisée. 60 ans c’est jeune ! Vieux, c’est pas avant 85 ans.

A 30 ans, j’ai passé un cap. Je mange de l’avocat, du saumon fumé et des tartines de confitures. Je vais à la fruiterie, à la boucherie, à la boulangerie et je suis en train de me convertir à la fromagerie. Je mets de l’aloe vera sur ma face, j’utilise du bain de bouche tous les jours et je prends de la vitamine D en gouttes. Je m’allonge sur le lit, les jambes levées à 90 degrés pour la circulation du sang. Je fais des trucs de vieux qui commencent à voir leur peau se détendre et qui se disent qu’il est temps de vivre santé.

A 30 ans, j’en n’ai « pu rien à faire » de ce qu’on pense de mon look, où presque. J’ai la mode dans la peau et surtout ma mode. Je porte des chaussures confortables, je marie des couleurs avec des chemises à carreaux douteuses et je suis à deux doigts de porter des pantalons tapisserie et des collants à motifs et à paillettes.

A 30 ans, on prend le chemin de la parole libérée et du paraître je-m’en-foutiste. On dit ce qui nous passe par la tête sans filtre, on a plus le temps de prendre des gants. A un certain moment, t’as envie de sortir dans la rue avec tes pantoufles, pas coiffé, avec tes poches sous les yeux et en survêtement pour aller faire les courses. T’es là depuis tellement longtemps que dehors c’est presque comme chez toi.

Où alors, c’est juste moi.

 

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