Randonnée au Lac d’Allos

Une envie subite de partir. Ni une ni deux, je décroche le téléphone, appelle ma sœur et lui propose de partir dès le lendemain pour une semaine dans le Verdon, sauf que, j’avais oublié un petit détail : son mari et ses enfants. « Arf, et sinon, tu peux pas te faire remplacer pendant une semaine ? » La logistique réglée, une semaine plus tard, elle envoie valser torchon et couches culottes et nous partons pour les Alpes-de-Haute-Provence.

« Votre mission, si vous l’acceptez : trouver votre location. » Aller et retour, retour puis arrêt, retour du retour et, 30 minutes plus tard, nous trouvons notre mini studio pour 4, même si à 2, c’est déjà complet. L’estomac dans les talons, nous préparons un repas frugal : 2 tranches de jambon, 2 tomates, biscotte et fromage de chèvre. C’est parti pour 4 jours de liberté et de découvertes !!

Il fait super beau alors en guerrières estropiées que nous sommes – problèmes de dos et de genoux – nous décidons d’aller faire la rando jusqu’au lac d’Allos. Il est 15h, la rando aller-retour c’est 4h.

Voiture garée au parking de la Cluite (1750m), chaussures de rando enfilées, sac à dos, j’ai troqué le jus et le chocolat pour la pomme et la bouteille d’eau. Lunettes de soleil, tartinées de crème solaire, à nous le lac d’Allos « joyau de la commune et plus grand lac naturel d’altitude d’Europe ».

Premier paysage : jeune homme torse nu et musclé surgissant de la forêt ; elle commence bien cette rando 😀 !
Deuxième paysage : une rivière, un pont et un point de vue magnifique.
Que dire de la suite ? J’en ai bavé.

Nous commençons la rando hyper motivées, le jeune homme torse nu a du avoir l’effet d’une Redbull ; démarrage en côte en 3ème. L’herbe coupée me donne envie de me rouler dedans, enfin ça ressemble plus à de la paille à cause de la chaleur et étant donné mes allergies j’évite ; la nature aurait gagnée par K.O.  Le soleil, la chaleur, la montée, au bout de 30 minutes, j’ai le souffle court, mes antécédents asthmatiques me rattrapent. Ma dernière rando en montage remonte au CM1, à l’époque j’étais fraîche, dynamique et sportive même si je ne cassais pas des briques en endurance… normal vous me direz. C’est toujours plus facile dans mes souvenirs, bizarrement.

On arrive au niveau d’un petit passage en sous bois, peu de dénivelé, de l’air frais, nous reprenons nos esprits malgré quelques mouches qui nous volent dans les trous de nez.

 Le papier peint est formidable. La forêt d’un vert chatoyant, l’eau des rivières revigorante – vasoconstriction pour ma sœur – quelques cascades, un petit arc-en-ciel, de magnifiques papillons et des bêtes non identifiées nous accompagnes tout au long de la randonnée. Halala c’est sympa quand même cette petite balade, c’est vivifiant. J’enchaîne les blagues à tour de bras, ça doit être l’air de la montagne qui me soûle. C’est marrant quand même, depuis tout à l’heure on ne croise que des gens qui descendent. Personne derrière nous ; peu importe, on continue !

Une ascension de 2h15 en montagne, ce n’est quand même pas rien, surtout que ça fait quelques mois que je sèche les cours de sport. De plus, sur le chemin, une jeune femme a le plaisir de nous annoncer qu’il nous reste encore une bonne heure avant d’atteindre le lac d’Allos, ahahaha… je suis déconfite, j’ai la tête d’une pivoine arrivée à maturité et le cheveu plat sous la casquette. Je crache mes poumons et quelques mouches avec. C’est moi ou c’est méga raide ? Ma sœur, elle, telle Heidi galope à flanc de montagne. Ça doit être grâce au footing régulier. Rebrousser chemin ? Hors de question ; allons-y moussaillon ! Euh… par contre, on peut rétrograder ?

Nous arrivons au parking du Laus (2100m). Il ne reste plus que 45 minutes de marche. Nous laissons derrière nous la montée la plus raide et la plus dure de la randonnée ; nous sommes défraîchies. Ma couleur rouge écrevisse nous vaut quelques regards, sûrement devaient-ils se dire que j’étais sur le point d’exploser. Cette partie « balade familiale » est plus agréable, bien que mon corps ne se soit pas encore adapté à l’altitude. Je reprends une couleur presque normale : rose bonbon. On arrive au Lac d’Allos (2200m), il est environ 17h. Pfiouuuu, soulagement, succès : objectif atteint ! C’est sûr, j’ai dû tripler le nombre de mes globules rouges.

Le point de vue est charmant mais ce que j’ai le plus apprécié c’est la randonnée et le fait de m’être dépassée.

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On ne s’attarde pas, on redescend en pressant le pas. Je regrette de ne pas rester plus longtemps. Les nuages arrivent, le soleil est dans sa phase descendante et il nous reste encore 2h de marche jusqu’à la voiture. C’est probablement pour ça qu’on était les seules à monter… Mes genoux souffrent et les fessiers de ma sœur aussi, qui, en avait profité pour faire sa séance d’abdos-fessiers en contractant le tout pendant la rando. Mais plus que satisfaites de notre première après-midi, éreintées, nous rentrons manger notre sachet de riz cuisiné.

On a démarré sur des chapeaux de roues ; cette première journée était physique. S’il fallait refaire :
– nous serions parties en matinée pour éviter les grosses chaleurs ;
– j’aurai peut-être pris des bâtons de marche ;
– nous aurions passé une nuit au refuge pour profiter davantage du moment et d’un bon petit déjeuner au lac ;
– j’aurai embarqué ma sacro-sainte tablette de chocolat.

Avis aux asthmatiques, n’oubliez pas votre bronchodilatateur, turbuhaler, ventoline ou que sais-je. Vous risqueriez d’avoir à le dégainer ! Et surtout, faites régulièrement des pauses, pour reprendre votre souffle, profitez-en pour boire.


Colmars-les-Alpes et les alentours

Sur la route menant à Allos, nous étions passées au sein de Colmars-les-Alpes, une commune du Parc National du Mercantour et déjà, elle avait éveillé notre curiosité avec ses 2 forts et ses fortifications Vauban. Cette « petite cité de caractère » est nichée dans un écrin de verdure, au confluent du Verdon et de la Lance à 1230m.

C’est jour de marché et mes sens s’éveillent : mes narines sont enivrées et mes yeux frétillent devant ces amoncellements de fromages et de charcuteries. Certaines maisons, au sein de l’enceinte, ont une porte fenêtre qui donne sur l’extérieur, une échelle en guise d’escalier ; pratique pour faire le mur « discrétos » !

Nous déambulons au cœur de cette cité et nous avons l’impression d’être transportées dans son histoire : ses fortifications érigées au XIVè siècle, ses rues médiévales pavées et ses maisons de caractère en pierres tirent leur charme des nombreuses jardinières fleuries. Quelques couleurs leurs donnent également un air de Provence. La Place du Barri, place d’armes de Colmars-les-Alpes, avec son canon et ses meurtrières témoignent encore de son passé militaire, lorsque la cité était une ville frontière, protégeant la Provence contre les incursions Savoyardes.

Cascade de Lance

Nous nous dirigeons ensuite vers la Cascade de Lance à 20 minutes de là. Nous ne sommes pas chaussées pour une randonnée, ma sœur a d’ailleurs pris son sac à main Carry Bradshaw assorti à sa tenue Lara Croft. Sur le chemin, papi et mami reviennent claquettes aux pieds, on devrait arriver au but sans encombre bien qu’un panneau indique « un chemin chaotique et dangereux ».

Quand je lève la tête, je me sens comme une fourmi devant un pot de yaourt. En longeant la rivière, nous atteignons la passerelle située face à la cascade ; c’est sûr, elle a du faire la guerre. La Cascade de Lance a creusé son nid au cœur d’une faille. Elle est superbe avec ses 20 mètres de chute d’eau. J’aurais bien envoyé valser mes fringues pour un petit bain à la Tahiti Douche.

Sur le chemin du retour, la rivière nous fait de l’œil – pause détente – on savoure le calme de l’endroit, le bruit de la rivière et la fraîcheur de l’eau ; c’est si reposant et agréable. Un peu plus loin un tipi Sioux nous accueille le temps d’une photo.

Fort Desaix

Le Fort Desaix ou Fort de Savoie et l’un des deux forts qui dominent la cité ; le Fort de France est situé plus en amont. Je découvre de nouvelles fonctionnalités à mon téléphone – que j’ai depuis 2 ans – je m’essaie donc aux photos effets « fin du monde » et « sépia ». Pas sûr que ça soit concluant tout ça. Un « gros cailloux » se tient là, un groupe d’amis décide de faire une photo avec la tête de l’un d’entre eux à l’intérieur. Je vous laisse imaginer la scène. Ils abandonnent l’idée de la photo.

Foux d’Allos

L’estomac dans les talons, nous partons pour la Foux d’Allos à la recherche de quelques mets pour nous sustenter. Dans le restaurant l’Igloo nous savourons un bon repas au coin du feu : ras-le-bol des tomates, carottes et pommes de terre précuites. A moi les frites maison, la viande rouge et un dessert beaucoup trop gourmand.

Nous faisons un rapide tour dans la station et il est l’heure du tir à l’arc ! Finalement, en femmes de poigne, nous optons pour l’arbalète et c’est super chouette ! Raphael, le propriétaire des lieux, n’est pas avare en explications. Au bout d’une heure de tirs, nous finissons sur un triplet dans le centre ; pas mal pour une première fois même si en réalité, nous visions la cible du dessus…

Lac des grenouilles

Motivées par notre séance de chasse, nous récupérons notre panoplie de sportives pour rejoindre le lac des Grenouilles. Comme toute randonnée en montagne qui se respecte, ça grimpe un peu, moins que le lac d’allos mais nous sommes toujours en altitude et mon souffle fait des siennes. De loin un homme descend en courant, tel Rocky, il s’arrête devant nous, fait 10 pompes et repart en courant. Euh… ? Malgré cette énergumène et 3-4 randonneurs, nous ne croisons pas grand monde. Nous passons à côté de huttes de Hobbits et entendons quelques cloches au loin. Entre mélèzes et prairies, le décor est champêtre ; il ne manque plus que Marie, Laura et Grace.

Nous arrivons au lac, pas de lac, pas de grenouilles… O_o En randonneuses du dimanche, nous n’avions pas pensé à l’évaporation de l’eau durant la période estivale. Mis à part un jeune individu se prenant pour pour Tarzan, le lieu était – presque – reposant.

Encore une journée bien remplie. Ce soir nous rentrons au studio, c’est la période des J.O et ce soir c’est Basket !!


De La Foux à Thorame

Ce matin nous retournons à la Foux d’Allos pour aller chez Raphaël tâter l’arc et les flèches. Crème solaire et casquette de rigueur. Ma boucle d’oreille fait un plongeon de l’extrême, je la retrouverai sans son acolyte, le fermoir.

Nous sommes 5, arcs, flèches, carquois, bracelets de protection qui grattent, mais qui grattent. Nous sommes équipées pour chasser le buffle. Raphaël nous montre la position à adopter pour ne pas repartir estropié plus que de raison : il serait bête de perdre un sein dans la bataille. Nous avons trouvé le tir à l’arc plus compliqué que le tir à l’arbalète mais ma sœur met rapidement dans le mille, quant à moi, je me réserve pour plus tard. Dernière flèche, il faut immortaliser l’instant. La photographe est prête ; moment de pure concentration : quelques gouttes de sueurs perlent, stress, tension, tous les regards sont posés sur moi et PAF dans le mille ! Fière, je salue la foule en délire et me retire avec humilité.

C’était court mais intense, retour aux bercails pour grignoter 2 œufs sur le plat et accomplir notre rituel biscotte / fromage de chèvre. Petit détour par le vide grenier d’Allos, une ville très charmante, des fleurs partout et une vue magnifique.

Thorame Haute

Nous sommes ensuite allées faire un tour à Thorame haute, quelques jolies portes et vieilles maisons, pas un chat mais un chien et deux habitants. Un peu déçues car pas grand chose à voir, nous repartons ; nous avions repéré quelques endroits où nous arrêter à l’aller.

Le Pont du Moulin

Premier arrêt, le Pont du Moulin. Il nous fait penser à une photo que notre père nous avait ramené de Mostar. Ne serait-il donc pas allé à Mostar, le fripon ! Le moulin est en ruine et la nature a repris ses droits. C’est un instant très étrange, au bord de la route, ce pont et son moulin, en ruine, se tiennent la depuis la deuxième moitié du XVIIe siècle. Personne juste nous, eux et la nature.

 

Le Pont d’Ondres

Deuxième arrêt, Pont d’Ondres, il est là, seul, il est grand. Je descends dans le lit de la rivière, il parait encore plus grand. Je prends quelques photos mais l’atmosphère est flippante. J’ai l’impression qu’une énorme vague va venir nous submerger ; la faute à tous ces films catastrophes que j’ai regardé pendant des années.

Pont d'Ondres - Citronnelle.net

Panoramique de Chasse

Il est temps de faire notre dernière randonnée, celle du Panoramique de Chasse. Je ne vous dit pas la galère pour trouver le début de la randonnée car rien n’est indiqué, sachant que nous étions parties les mains dans les poches. Nous y arrivons finalement après 10 à 20 minutes de route cahoteuse, grâce à deux serviables messieurs. En route nous croisons une famille qui ramasse des fraises sauvages, moi qui avait un petit creux. Soudain, ma sœur hurle, elle vient d’être piqué. Allergique aux guêpes nous décidons de rebrousser chemin pour aller dans une pharmacie avant qu’elle ne me claque entre les doigts où que je doivent la traîner sur le chemin. Heureusement, il ne s’agissait que d’un taon, qui n’a d’ailleurs pas eu le temps de faire grand chose. Plus de peur que de mal, allez, on rentre, notre riz cuisiné en sachet nous attend, et les jeunes hommes des JO, en collant, aussi.

Le Verdon à Cheval

Dernière matinée dans les Alpes. Ce matin nous allons faire une balade à cheval. La dernière fois que je suis montée sur un cheval j’avais 8 ans et ça a duré deux secondes et demi. Brief en 5 minutes chrono, on va dire que j’ai pigé l’essentiel même si ne suis pas trop rassurée à l’idée de laisser les rênes à un inconnu.

Mon cheval est le plus grand. Il a la mâchoire fragile donc je dois faire attention, tirer sans trop tirer, c’est délicat. J’évite quelque branches à droite et à gauche, ma sœur décide d’en embarquer une dans son jogging. Certains passages à flanc de montagne sont étroits, cahoteux. Comme le cheval sent que j’ai de l’assurance à revendre, il s’emballe dans les descentes, Raiponce n’a qu’à bien se tenir. J’ai peur qu’il se cabre si je tire trop sur les rennes, je serre donc les fesses et espère qu’il n’a pas des idées suicidaires. Finalement nous rentrons saines et sauves. Le paysage était encore une fois magnifique et la balade très agréable.

Ne voulant pas partir sur notre fin, nous décidons d’aller faire la randonnée du Panoramique de Chasse. Manque de pot, nous n’y arriverons pas ; j’ai subitement une méga allergie sur les bras. Déjà c’est moche mais en plus ça me démange tellement que je suis à deux doigts de me scalper la peau. Arrêt à la pharmacie, 3 comprimés de cortisone et un anti-histaminique plus tard, ça commence à se calmer. Dans la voiture, je prie pour que ça n’empire pas. Nous sommes au milieu de nul part, j’ai la gorge serrée ; pas une mégalopole à l’horizon ni de pompiers sexy. Finalement encore une fois, plus de peur que de mal. On n’est pas sœurs pour rien.

C’est ainsi que s’achèvent nos 4 jours dans les Alpes. Des paysages magnifiques et de super moments passés. C’était vivifiant, sportif. Un vent de liberté et aucune contrainte. Au Top !

Il y a encore tellement de choses que nous n’avons pas faites ; j’espère y retourner

 

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4 Commentaires sur "Les Alpes : randonnées et activités"

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Vic
Invité

Tes photos sont MAGNIFIQUES ! ça donne vraiment envie d’y aller ^^ !
J’ajoute la destination à ma liste :p

Inspiration Montagne
Invité

Bonjour,

Sympa ce petit article sur le lac d’Allos 😉

Sinon pour les locations en montagne, si cela peut aider, n’hésitez pas à consulter notre site notamment sur la station du Val d’Allos;)
http://www.inspiration-montagne.com/location-vacances-particulier-Alpes-du-Sud-Alpes-de-Haute-Provence-Val-d-Allos-36868.html

Bonne fin de journée et à bientôt.

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