Nous en étions restés tellement loin. Pfiou… Le Festival Mural, ma première expérience de travail, en tant que volontaire, sur le sol Canadien. Ce festival de Street Art a pour objectif la démocratisation de l’Art urbain. Tout au long de la semaine, le public peut assister à la réalisation de murales par des artistes venus du monde entier, des conférences, des ambiances musicales, des installations, des expositions et une foire d’art.

N’ayant jamais fait de bénévolat pour un festival, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je suis arrivée tôt pour ne surtout pas être en retard. En réalité, je suis arrivée bien trop tôt car il n’y avait pour ainsi dire quasi personne sur le boulevard Saint-Laurent. Le Tech World, lieu de rassemblement des bénévoles et artistes, n’était même pas ouvert. Du coup, je me suis baladée, admirant les stands et la jolie couleur des conteneurs fermés.

J’étais assez étonnée de constater que les 3/4 des bénévoles étaient français. Encore des pvtistes, des vacanciers et des étudiants qui n’ont rien à faire de leurs journées, aiment le Street Art, ou pas, et veulent rajouter à leur CV du bénévolat pour se faire bien voir des recruteurs. Tous les mêmes ! Perso, j’ai misé sur le tiercé gagnant.

Les « chefs des bénévoles », Catherine, Sarra et Steven nous ont accueilli avec des wraps et des blagues (private joke) histoire de nous mettre en joie pour la matinée. Je ne sais même pas pourquoi je fais une private joke puisqu’il est peu probable que quelqu’un avec qui j’ai fait le bénévolat lise cet article. Donc personne ne comprend sauf moi, enfin comme d’habitude, en gros. Bref, j’ai réussi à enfourner ma touffe de cheveux dans la casquette. Lunettes, crème solaire et sacs poubelles, nous sommes parés pour nettoyer l’emplacement principal après le passage des fêtards.

Insa m’a remercié de nettoyer sa pancarte qui avait été piétinée. C’était mon petit moment de satisfaction personnelle. Il est sympa, on a échangé deux mots et il s’est remis au boulot. Si vous téléchargez son application et que vous pointez l’objectif en direction de la murale, vous la verrez s’animer.

Insa

J’avais mon entorse et mes deux doigs dans du sparadra. On devait porter des gants pour nettoyer. Enfiler deux doigts dans la place d’un doigt, c’est très moche puis ça ne fonctionne pas. Un côté s’est déchiré, l’autre pendait gracieusement ; on aurait dit un vieux préservatif usagé. C’était trop de style pour moi alors j’ai coincé le tout dans le trou. Prière de ne pas sortir ces phrases de leur contexte, s’il vous plait.

Ce premier jour, j’ai sympathisé avec Muriel. Nous sommes allées porter quelques bouteilles d’eau aux artistes pour qu’ils ne se dessèchent pas au soleil, déjà qu’ils s’asphyxient avec leurs bombes. On en a profité pour admirer le début de la création des murales. On a rencontré SbuOne en train de peindre, il nous a proposé de monter sur son lift. C’était trop coOol ^^ On a discuté avec lui et admiré la vue. Comme beaucoup d’artistes, il est adorable et perfectionniste. On a fait d’autres petites tâches connexes puis on a mangé des wraps. Le shift était déjà fini. Première journée check ^^

Une autre fois, lors de la tournée des bouteilles d’eau, j’ai failli amocher DoDo. Ca ne rentrera définitivement pas dans mes meilleures performances physiques. Il était en hauteur alors je devais lui lancer les bouteilles d’eau. Premier lancer : mur 1 – bouteille 0. Deuxième lancer : une réussite. Troisième lancer, j’ai trop bien visé, sa tête. J’ai frôlé son nez de quelques centimètres, il était à deux doigts d’avaler sa cigarette. Je vous rassure, il est toujours vivant, ne m’en a pas voulu et a fini sa murale. Heureusement parce que ça n’aurait pas fait très bien sur le cv.

DoDo

Une de mes tâches a été de coller du scotch sur un bus pour permettre à Monk.E de réaliser sa fresque. C’est un vrai phénomène ; il est adorable, cool, on a bien rigolé. J’ai pu voir, jour après jour, l’avancement de son travail. Malheureusement, je n’ai pas vu le bus fini. Peut-être le croiserez-vous dans les rues de Montréal.

Trop d’Elodie lors de ce bénévolat. C’est là première fois que j’en rencontrais autant. Nous étions 3 ou 4, je ne sais plus. J’en ai croisé deux. Une très gentille et introvertie. L’autre affirmée. Je lui avais parlé le premier jour d’information, probablement parce qu’elle avait les cheveux frisés, elle aussi… Puis elle a rejoint des gens qu’elle connaissait et j’avoue que je me suis enfuie comme une voleuse. Je ne savais même pas son prénom. Entre temps, elle a sympathisé avec d’autres personnes avec qui j’avais parlé rapidement. Je me suis demandée si on aurait accroché, si j’étais restée. Eternelle question. Mais bon, durant un shift, j’ai dit quelque chose qui s’apparentait à une blague en disant que je voulais bien partager mon prénom avec elle. Elle m’a répondu qu’elle, elle ne le partageait pas. Sûrement une blague très personnelle aussi. Ca m’a coupé la chique. Je l’ai regardée, elle m’a regardée, nous nous sommes regardées. Je suis partie. Nous nous sommes revues une fois par hasard, c’était bizarre.

J’ai passé deux shifts au coeur de la zone VIP. J’ai dansé en même temps que je passais récupérer verres vides et mégots de cigarettes. Non sans rire, c’était cool ^^. Je parlais aux barmaids, invités et à la sécurité. J’ai juste manqué une grosse soirée : New Regime. Ca sonnait comme de la bouffe régime alors je ne me suis pas formalisée outre mesure. En fait, c’était une soirée pour une marque de Street Wear avec du gros sons hip hop. Je pleure.

La soirée de clôture du festival était dingue. Il y avait un monde fou dansant au son du hip hop puis de la trap. Trop de gens. Essayer de se frayer un chemin parmi la foule n’était même pas une option. Moi j’étais tranquille dans ma petite zone VIP. Le lendemain en venant nettoyer on a retrouvé, entre autres, 4 soutiens-gorge. Je me suis toujours demandée comment il était possible de perdre son soutif. Bon la visiblement, c’était volontaire, sinon moi pas comprendre.

Au départ, j’avais prévu de me consacrer au bénévolat seulement le week-end, pour laisser ma semaine de libre au cas ou je trouverais la carrière de mes rêves. Râté. Du coup, j’ai enchainé le bénévolat quasiment tous les jours de la semaine et j’en suis bien contente. J’avais l’impression d’être un peu comme chez moi. J’ai vécu une super expérience humaine avec les artistes, Catherine, Sarra, Steven, les bénévoles, Ralph le chef de la sécurité et le public. J’ai passé des bons moments à manger des wraps de différentes couleurs chaque jour et rigoler à tue-tête. C’était une semaine très éprouvante physiquement. Tellement que le dernier week-end, j’étais livide et j’avançais au radar. Pointe de nostalgie.

J’aurais bien revu certaines personnes mais ce n’est pas si facile. Ici on apprend à nouer des relations superficielles. J’ai vite compris que, même si tout le monde « il est gentil » sur le moment, il n’a pas forcément envie de vous revoir par la suite. Je m’y habitue au fur et à mesure. Je croise plein de gens sympathiques de passage, lors d’une courte discussion dans le métro ou un compliment dans la rue. Ca fait sourire, ça fait plaisir, parfois ça motive ou illumine ma journée. Puis chacun continue son chemin. C’est à prendre comme ça vient et à laisser s’en aller comme c’est venu.

Pour voir toutes les murales terminées et les localiser je vous invite à cliquer ici 

 

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2 Commentaires sur "Festival Mural : mon premier bénévolat"

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Audrey
Invité

Magnifique ! J’aime tellement le street art, les oeuvres sont toujours tellement réfléchies, avec de petits détails, enfin pas si petits que ça à leur échelle ! Mais il y a toujours un message, et c’est beau, coloré, j’adore. Ce doit être une belle expérience que tu as vécu là 🙂

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