Ça fait un petit moment que je n’ai pas écrit. J’ai l’impression d’écrire ça au début de chacun de mes articles… Il est temps de vous conter notre installation à bordeaux.

Les pieds sur la table basse, devant notre télé de compétition, regardant d’un oeil distrait « the voice kids ». Je suis seule. Un week-end à l’étranger, mon homme est parti se divertir avec ses amis. Je rentre du travail, et j’ai le ventre qui fait des siennes après m’être enfilé un paquet de Curly. Oui je sais, c’est mal. Mais c’était la version pocket!

Le retour en France n’a pas été de tout répit. D’aventures en mésaventures. Fait que parfois, j’ai la déprime qui se pointe. Non pas que Montréal me manque. C’est un peu comme une parenthèse qui s’est refermée bien vite. D’autant plus maintenant que j’ai reçu le refus de mon CSQ. Je fais le deuil de 619 euros.

On est rentré et on s’est rendu compte que les français étaient sympathiques, en fait. Qu’il faisait bon vivre, ici aussi. Sans oublier que la bouffe, c’est la vie. On savait que l’installation n’allait pas être facile, mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit si difficile.

Diany a fait le job, il a décroché un emploi !

Nous sommes fin juin. Diany a tellement de succès, que ça pourrait être rageant. Il a en envoyé quelques CV une après-midi et se sont succédés appels et entretiens très rapidement. Alors que moi je suis encore en train de choisir les mots du premier paragraphe de ma première lettre de motivation.

Il est embauché à Bordeaux alors que nous sommes encore à Hyères. Nous sommes mardi et il commence lundi. Nous cherchons en catastrophe un pied à terre. Et je peux vous dire que sur ce terrain là, c’est la pénurie donc c’est la guerre ! Et pas que pour les étudiants.

Les débuts à Bordeaux en colocation

Nous sommes début le vendredi 5 juillet. Nous venons de trouver in extremis une sous-location dans une colocation d’étudiants en médecine. Demain, nous débarquons à Bordeaux, armés de nos sacs et de menus vêtements pour les premiers temps.

La galère a commencé à ce moment là. Tsais, c’est comme quand il y a plusieurs tunnels devant toi. Il y a ceux dont on peut distinguer une petite lumière tout au fond. Et celui qui est sombre comme la nuit. Comme on aime le challenge, l’inconnu, l’incertitude, on a décidé de prendre celui-là, parce que sinon, c’est trop facile.

Arrivés devant la porte de la colocation, on décide de s’asseoir sur les marches et on contemple les moulures de cette porte en bois, si imposante, pendant d’1h. Puisqu’il est 21h et que nous ne sommes pas fatigués du voyage de 8h dans notre TER sans climatisation, alors qu’il faisait 40 degrés dehors. Nous décidons finalement de rentrer vers 22h30, en même temps que l’autre sous-locataire, et ce tout à fait par hasard. Non que nous n’avions pas les clés pour rentrer.

Une maison à la frontière entre Talence et Bordeaux. Avec quatre jeunes hommes en colocation. Et quelle colocation ! Je vous laisse juste imaginer le tableau. Pour sûr, ils aiment être en phase avec la nature. Quelques moutons, un élevage d’araignées, moustiques, et des substances non identifiées qui vivent paisiblement. Possiblement, la création involontaire de bactéries non identifiées.

Dou, faut qu’on se barre de là, et vite.

Recherche d’emploi : premiers pas à reculons

Je pensais être rompue à la recherche d’emploi. Parce que j’ai déjà connu ça, en France, au Canada. Et aussi parce que j’ai travaillé dans un organisme qui aidait les gens à trouver de l’emploi. J’ai lu qu’il faut prendre ça comme un jeu. Mais décidément, ça ne m’amuse pas du tout. Je suis toujours plus motivée quand ce sont les autres qui cherchent.

J’ai contacté pas mal de gens sur LinkedIn, dans mon secteur, histoire de poser des questions, recueillir des conseils, faire des rencontres. Et j’ai été assez surprise qu’autant de personnes me répondent. J’ai fait marcher mon réseau à droite, à gauche. Bu un café avec quelques inconnus qui le sont restés. Moi qui pensait me faire des potes en un claquement de doigt grâce à mon enthousiasme légendaire.

On m’a dit que le réseau était précieux. Que nombreux étaient ceux qui avaient quittés bordeaux à défaut de trouver. Que la concurrence était rude. On m’a souhaité bonne chance et surtout bon courage. Bon ben. On y est. Alors, on y va.

Ce qui me rassure c’est que j’ai eu des refus, à défaut d’attendre des réponses dans le vide. Un paquet de refus de candidatures même. Je ne sais pas si je dois y voir là un signe.

Pas de nid douillet. Un réseau inexistant. Des refus à la pelle. Je vous dis pas la déprime. Heureusement que Dou était là et que je pouvais lui mettre la raclée au ping pong.

Recherche d’appartement : la guerre est déclarée

Nous sommes fin août. Entre recherche d’emploi et recherche d’appartement, je suis à deux doigts de boire la tasse. Début septembre, nous devons quitter les lieux.

Tous les jours, j’écume les sites internet : le bon coin, pap.fr, appartement entre particulier, bailti, la carte des colocs et les sites des agences. Je me bute à la recherche d’appartement et je clique frénétiquement sur l’icône d’actualisation de la page. Au cas où, entre 9h15 et 9h17 un nouveau bien accessible soit publié.

Nous sommes allés voir des agences de location qui n’avaient pas de biens à nous proposer. Une autre agence nous a dit de nous pointer à 9h du matin et faire la queue. Sans pour autant qu’ils soient sûr d’avoir un appartement disponible.

On nous a conseillé de falsifier fiches de paie et contrat. Les rumeurs disent que c’est ce que font beaucoup de gens ici. La concurrence est plus que rude. Pour une offre de location, une centaine de réponses sont envoyées. Je ne vais pas vous dire qu’on y a pas songé. On nous a souhaité bonne chance et bon courage. Surtout du courage.

Papa m’a envoyé des offres d’achat de mobil’home disponibles au camping de Bordeaux Lac. Omar m’a proposé un logement à Saint André de Cubzac. Nous avons écumé les offres de colocation et sous-locations. J’ai fait une demande de logement social : autant rêver en technicolor. J’ai contacté des gens sur airbnb pour les détourner de la plateforme. Mais vous imaginez bien qu’à 1600 euros la location sur le mois de septembre, ma proposition de location à 600 euros n’était pas convaincante. Nous avons regardé à Talence, Mérignac, Bruges, Bègles et Pessac à proximité du tramway. Comme tout le monde en fait.

Installation à Bordeaux : on a eu la maison !

On décroche finalement 3 visites d’appartement. Le premier, décoré par un architecte avec du goût, dans le quartier des chartrons. Plutôt créé pour des hobbits. Malgré son 1,87 mètre, Diany était très motivé. Mais nous ne l’avons pas eu. Le deuxième, à fondaudège. Magnifique appartement, super déco, hyper fonctionnel. Je me voyais boire un petit café en terrasse alors que Diany ferait son sport. On avait le bon feeling mais le mauvais dossier. Dommage. Troisième appartement, un petit nid douillet, bien aménagé, dans un quartier sans plus. Mais nous le voulions celui-là. Nous étions prêt, motivés. La fille de la propriétaire nous a kiffé et nous aussi. La propriétaire nous a adoré, et nous aussi. Mais nôtre dossier n’est pas passé.

Nous sommes mercredi. Visite du quatrième appartement ou plutôt maison. Vétuste, sentant l’humidité mais pas pire. De toutes les façons, il arrive un moment où tu te mets tes rêves sous le pied et tu pries pour un doux cauchemard. Le jeudi nous avons été accepté ! Le vendredi nous avons été dés-accepté. Je leur ai souhaité d’avoir des locataires bien pourris et chiants. Le samedi nous avons été re-accepté. Ça sentait déjà le roussi et ce n’était pas peu dire. Nous avons dis oui pour le meilleur et le pire.

Nous ne savions pas encore que le quartier serait le meilleur et la maison le pire. Que notre installation serait une galère sans nom

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