Dur dur le retour à la réalité après un petit week-end à Ottawa avec Diany. C’était vivifiant, relaxant et un peu brûlant si j’en juge à mes coups de soleil. On a passé un super week-end. J’ai l’impression marrante ou flippante que je réalise davantage que c’était bien en regardant les photos et les vidéos sur mon téléphone qu’en vivant le moment. Reprise du travail un lundi maussade et froid de juin, ça donne juste envie de se caler sous la couette avec un bon film et des céréales dans un bol de chocolat chaud. Pas froid, le lait froid c’est berk. Non, elles ne vont pas devenir molles, les céréales. Tout est une question de timing et de chaleur ; bande d’amateurs.

Ce week-end, mon téléphone m’a servi principalement de carte routière. Ce week-end, je n’avais pas de famille, ni d’amis, j’avais juste un chéri et Ottawa. Et putain que ça fait du bien de ne pas être accroché à son téléphone.

J’entretiens une relation pas claire avec lui : des fois j’écris frénétiquement des messages tout en déroulant les fils d’actualité de Facebook et Instagram, d’autres fois, il me gonfle. Ôtez-moi ce téléphone que je ne saurais voir.

Il me servait de réveils, maintenant il me sert de réveil. J’ai snoosé la fonction snoose. Va falloir que je finisse par m’en acheter un, de réveil. J’ai dû regarder trop de reportages sur les gens qui sont sensibles aux ondes. J’aime pas l’avoir au niveau du lit et je le mets en silencieux. Par terre, mon téléphone est mieux. Par terre, je le surplombe de 30cm au moins, allongée sur mon matelas. Par terre, je dors mieux. Pourtant, la première chose que je fais à mon réveil, c’est regarder mon téléphone et c’est avec lui que je médite. Nan mais je te jure.

Parfois, il exerce une sorte de pression, j’ai l’impression d’être en cage, de trimbaler un boulet partout où je vais. Parfois, il remplit l’espace que j’ai en trop avec moi même et dont je ne sais pas quoi faire sans pour autant me divertir. Parfois mon téléphone me relie au monde sans que je le veuille réellement. C’est un peu comme un ami-ennemi invisible mais visible. Il est omniprésent. Outil de communication. Outil de divertissement. Outil de flicage. Outil d’asservissement.

Je n’ai pas toujours envie de prendre mon téléphone et en même temps c’est devenu un peu ma culotte digitale, quelle idée de sortir sans ? De temps à autres, je l’ai sur moi quand je me balade, et je rêve qu’il ne sonne pas, alors je le mets sur silencieux. Et quand c’est le cas, j’en viendrais presque à m’inquiéter et je le regarde toutes les 5 minutes, au cas où quoi, je ne sais pas mais au cas où. On est d’accord sur le fait que de côté là, mon esprit vire gaga. Si on est pas dans l’ambivalence, je m’appelle Maryline Monroe.

Le pire dans tout ça, c’est qu’en plus du téléphone, t’as les réseaux sociaux, les applications et les jeux sur le téléphone. Et là, c’est le combo gagnant à la fois fantastique et nocif de la technologie.

J’avais Twitter, j’ai supprimé Twitter. Diany, lui, trouve ce réseau merveilleux, moi je le trouve horrible. Trop d’informations qui pop et dé-pop à la seconde. Trop de trucs inutiles. Trop rapide. Trop, trop, trop.

J’ai conservé Facebook car ça me permet de voir tous les événements qu’il y a aux alentours et de garder contact avec certaines personnes. Parce que pas de Facebook, pas de vie sociale. Je me sens presque obligée d’y rester, tellement il me relie au monde. Tout se passe la dessus. Facebook est devenu mon calendrier événementiel. Le bouton « intéressé » est magique. Je n’ai plus à aller chercher l’information, elle vient à moi. D’un autre côté, en déroulant le fil d’actualité on ingurgite des choses inutiles comme les publicités et la vie des autres. Le pire, c’est que je vais dessus parce que je m’ennuie, je ne trouve rien d’intéressant du coup je continue à m’ennuyer. Au final, j’y suis allée pour rien mais j’y reviens toujours.

Maintenant les petits jeunots, eux, ne jurent que par Instagram. Au départ, je me suis dit Instagram, moi, jamais. Puis je me suis inscrite sur Instagram. Ya toujours ce moment où tu te dis c’est cool, je commence à avoir des abonnés, j’ai envie d’avoir plus d’abonnés, j’ai pas assez d’abonnés, finalement ça sert à quoi d’avoir des abonnés ? Ça c’est quand tu es résigné parce que t’arrives pas à avoir plus d’abonnés. Je trouve horripilant ce petit jeu du nombre d’abonnés. Sur Instagram, comme sur tout réseau, il y a toujours ce côté jouissif de se dire qu’on aime ce que tu publies, ça te donne un peu d’importance aussi. Je ne publie pas souvent mais j’ai toujours espoir secret de devenir célèbre et d’avoir full de gens qui me suivent. Pourquoi ? Pour rien. Juste par égocentrisme.

J’ai eu Pinterest, l’espace d’une semaine.

J’ai Linkedin, ça me galvanise d’employer des grands mots pour décrire mon parcours professionnel dans mes différents emplois. Je suis ravie de me rappeler de ce que j’ai fait et de ce dont je suis capable. Je me lance des fleurs, ça me rend fière et puis il y a quelques influenceurs intéressants à suivre. Par exemple Michel Dionne, auteur, conférencier et formateur en innovation intégrale. J’avoue son titre est obscure mais j’aime beaucoup les articles qu’il publie sur l’être, le cerveau etc. Au départ je croyais que c’était sa production et je me disais wouah, quelle connaissance ! Mais non, il y a marqué « source » en bas des articles. Pour l’un d’entre eux, il ne s’agissait que d’un copier coller d’un blog. Je suis passée d’admirative à « abon »… copier-coller quoi… erf…

Ne parlons pas de Clash of Clans que j’ai utilisé pendant 2 ans et demi. Au départ, je me suis dit Clash of Clans, moi, jamais. Puis je me suis inscrite sur Clash of Clans. Dans le fond, je suis une bâtisseuse. Dans ces jeux j’aime bien construire. Alors je pillais juste la tune et l’élixir des autres pour augmenter mes remparts et mes petits bonhommes. C’était l’fun jusqu’à ce que ça en devienne chiant et long. Alors j’ai supprimé l’application.

Les réseaux sociaux, ça peut être pratique et en même temps c’est tellement chronophage. En réalité, le côté social et divertissement n’est qu’une illusion. Il paraît même que ça nous rend moins heureux, pourtant on y retourne sans cesse, alors même qu’on obtient rarement l’effet recherché en y allant. Ça, c’est le côté récompense : j’ai 3 like, wouhou, champagne. Ils nous ont eu les cochons ! Et nous on les suit comme des moutons.

Je pense que je vais finir ermite au fond d’un trou.

Je déteste les gens qui, à plusieurs, prennent tout le trottoir et ne se pousse pas quand vous arrivez en face d’eux. J’ai envie de les « étamper dans le mur » comme dirait Mylène, ma coloc.

 

 

 

 

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Alain Renaud
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Alain Renaud

C’est bien écri et c’est la vérité …. j’ai bien ri. Bisous