Les gens, je suis à Montréal et j’ai des choses à vous dire.

D’abord, point crucial sur la valise. Le matin du départ, j’ai dû ôter mes super bottines et mon brumisateur d’eau thermale, pourquoi emporter ça, hein ? Au moment de l’enregistrement le poids est monté jusqu’à 27 kilos et est redescendu à 23 kilos 300, je n’ai donc pas eu à sortir mes slips et soutifs au comptoir pour tenter d’enlever quelques grammes : l’honneur est sauf. A 60 euros le kilo supplémentaire, ca n’aurait pas été rentable.

Les au-revoir avaient les yeux mouillés.

Dans l’avion, je me suis assise à côté de Denise et Yvan, un couple de québécois retournant au pays. Elle était professeur de mathématiques, il était geôlier. Tous les deux sont des amoureux de la nature, des randonnées et du ski de fond. On a partagé quelques conversations lorsqu’ils ne jouaient pas au solitaire sur l’écran de l’appuie-tête et que je ne regardais pas des films en luttant pour rester éveillé.

L’atterrissage à Montréal fut mouvementé à cause du vent. Ca m’a remémoré ce sublime moment passé dans la tour de la terreur chez Disney. J’ai émis des notes si aigues que La Callas n’a qu’à bien se tenir. Les pieds sur la terre ferme, j’ai parcouru les couloirs de l’aéroport afin d’atteindre la mauvaise file pour le contrôle des passeports. J’ai quand-même réussi à trouver le bureau de l’immigration, en même temps, c’était juste derrière et écrit en gros. Ca a été très rapide, seulement 4 personnes avant moi. Le jeune homme qui a vérifié mes papiers était très sympathique et charmant, ce qui ne lui enlevait rien. Il m’a demandé la carte de déclaration à remplir dans l’avion – de préférence avec un stylo qui fonctionne et sans avoir complété la partie « résidents au Canada » – ainsi que mon assurance. Il m’a remis mon permis. Bien entendu j’ai blagué, bien entendu, mes joues ont revêtue une légère – intense – couleur pourpre, lorsque j’ai lu sur mon permis que je n’étais pas autorisée à travailler dans le commerce du sexe ; et moi qui rêvait de me reconvertir.

Récupérer ma valise n’a été qu’une formalité ; nous nous sommes retrouvées au point de rendez-vous, elle était à l’heure. Je suis ensuite sortie et ma poupine, Julie, est venue me récupérer en m’apportant le kit de survie et de divertissements de Montréal.

La semaine qui a suivi, mes Jordans ont trimé : mouillées, perdues, elles ont exploré la rue Sainte Catherine en long, en large, en travers, Chinatown et l’avenue Mont-Royal. Faire le NAS a été rapide, et la jeune demoiselle qui m’a pris en charge a adoré mes cheveux malgré ma coupe caniche. Quel bon moment passé avec Peter pour prendre mon forfait téléphonique, il m’a choisi un numéro qui a la classe. La banque, note à moi-même : me décider o_0.

La recherche de la colocation, toute une histoire ! Portes ouvertes au premier appartement, avec des gens adorables, même s’ils ont choisi l’ami d’un ami qui s’était fait viré de l’appartement qu’il occupait avec son ex-copine. Deuxième appartement, les colocataires dormaient encore et même si la chambre était grande, l’espace commun était tellement triste que ça m’a fait fuir. Troisième appartement, pour rentrer dans la chambre, valait mieux ne pas être en surpoids car l’ouverture de la porte est bloquée par le lit, il n’y avait pas de fenêtres et j’ai appris qu’il y avait un résident caché : un serpent, dans un vivarium. Quatrième appartement, 5 filles ensemble, littéralement, ça ne fait pas – toujours – bon ménage. Cinquième appartement, j’ai été accueillie par une jeune trentenaire peace and love adepte du yoga, cultivatrice de cannabis et complètement high. Sixième appartement, magnifique grande chambre, même si l’espace commun inexistant, mais elle m’est passée sous le nez. Septième appartement, sympa. Le huitième appartement, qui en fait est le sixième, m’est repassé sous le nez et cette fois je l’ai chopé !

La vie est faite de rencontres sympathiques et d’aventures humaines où alors c’est juste moi. Le lundi j’ai rencontré Gilbert de Trinidad, on est allé boire un verre et on a parlé de nourriture française. Le mardi, j’ai demandé mon chemin à Pablo, un musicien qui travaille au Palais de Justice de Montréal. Je dois passer le voir au Dièse Onze un lundi. Le mercredi, Khaled, le pote d’un ami m’a emmené dans un super café, le La touche bar, tenu par Koony, je vous en parlerais dans mon prochain article. Je pense que ça va devenir mon QG ^^. Le jeudi, je me suis baladée dans le vieux Montréal avec Diany, un des colocataires de l’appartement numéro 3. Le vendredi, je devais voir Lovinah, une fille rencontrée sur Paris et arrivée avant moi sur Montréal, finalement c’est tombé à l’eau ; je suis passée voir Koony. Le samedi soir, j’ai été à l’anniversaire de Felix, l’ami d’Eva qui est amie avec Julie et Amandine. J’ai rencontré Vanessa, une haïtienne qui doit me donner des bonnes adresses où acheter des produits pour les cheveux frisés et j’ai bien rigolé avec Stéphane.

Je peux vous apprendre 2-3 choses que tout français aura noté à Montréal. Ici, les rues quadrillent la ville, elles sont longues, larges et droites. Les trottoirs sont impeccables. Les portes pour accéder au métro sont différentes et lourdes. Les feux sont vraiment après les carrefours alors que les voitures s’arrêtent avant. La sonnerie de fermeture des portes du métro est douce. Le petit bonhomme décompte le temps qu’il reste pour que les piétons traversent. Il y a peu de marquages au sol sur les routes. Les gens font la queue sur le trottoir pour attendre le bus et rentrer dans les bars. Les voitures n’ont pas de plaque d’immatriculation à l’avant. Tout le monde badge dans le bus et dans le métro. Il y a du StreetArt à tous les coins de rue. La « laveuse » et la sécheuse sont 2 fois plus larges. Les poignées de porte sont rondes. Il y a des vélos accrochés partout. On peut tirer sur une ficelle pour demander un arrêt au bus. Les portes du métro s’ouvrent automatiquement. Il y a des églises partout. Les portiques du métro s’utilisent dans les 2 sens. Il y a des téléphones à l’ancienne dans les stations. On peut demander une pinte de jus d’orange. Les sirènes des pompiers et de la police font le même bruit que dans les films. Il y a des jours pour sortir le compost. Il y a des cuisinières old school trop cute. On ne tire pas la chasse, on pousse la poignée vers le bas. Il n’y a pas de volets aux fenêtres. On dit « change » et non « monnaie ». Quand tu rentres dans un magasin, les vendeurs te disent : « Salut, comment ça va ? ». On dit « Allo » plutôt que « Bonjour ». Il y a des calèches au milieu des buildings. Ta carte de métro est valable 1 mois et le 1er jour du mois suivant c’est gratuit pour te laisser le temps de recharger. « Bienvenue » ou  » ça fait plaisir » signifie « de rien ».

 

 

 

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1 Commentaire sur "Montréal, me voici, me voilà"

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Johanna Gomez Grana
Invité

L’aventure commence ! 😀

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