Il est 22h00 et je me sens l’âme d’un poète. Nous sommes le soir du 12 octobre 2017, il fait frais dehors. Ma recherche d’emploi à Montréal m’enthousiasme au plus au point.

Il est 22h00 et je suis claquée. J’ai envie de me plaindre avec ironie. « Maudite française » que je fais. Pour ma défense, ça n’arrive pas souvent. La majeure partie du temps, je vois le verre à moitié plein – de jus d’orange – parce que l’alcool, ça m’endort.

Ma recherche d’emploi à Montréal

Je suis partie avec cette idée en tête que j’allais rapidement trouver un emploi. Que ma période de recherche d’emploi à Montréal n’excéderait pas 2 mois. Vous connaissez Einstein et la loi relativité ? Eh bien, nous sommes en plein dedans !

On m’a dit : « Ne fais pas comme tous ces français qui arrivent et cherchent dans leur secteur. Trouve toi un job d’appoint et une fois que tes finances sont assurées, cherche dans ton secteur. » Mais j’ai un don pour faire le contraire de ce qu’on me dit. Résultat 8 mois plus tard : pas d’emploi, plus d’argent et le moral dans les boots.

Alors oui, il y a des emplois disponibles à Montréal, surtout en service à la clientèle. Si vous travaillez dans l’informatique, vous êtes le roi du pétrole. Si vous cherchez un emploi qualifié, physique ou manuel, vous n’êtes pas trop mal tombé. Pour d’autres secteurs, ça peut coincer ben raide.

A mon arrivée à Montréal, on m’a dit 3 choses :

  • Inscris-toi sur LinkedIn
  • Fais du bénévolat
  • Construis ton réseau

LinkedIn, le réseau professionnel du Québec

Je mettais à jour mon profil LinkedIn. Ah, LinkedIn, tu es censé faire affluer les offres d’emploi vers moi. Des emplois créatifs, motivants, captivants. Que ma recherche d’emploi à Montréal se transforme en carrière à succès. Un salaire avec plein de 0 derrière. Choux blanc, compte tenu des 3 emplois que l’on m’a proposés :

  • Faire partie d’une équipe de ressources humaines. Oui, je le veux ! Dommage, j’ai un visa vacances – travail. Essaie encore.
  • Devenir « showroom consultant » pour des produits haut de gamme. Ça claque ce titre ! Quèsaco ? Commercial de terrain. Hum.
  • Faire partie « d’une nouvelle compagnie de technologie, cotée en bourse, en partenariat avec Toshiba ». Quelle est cette arnaque de système pyramidal ?

Ah LinkedIn, je consulte les offres d’emploi qui correspondent, ou pas, à mon profil. J’accepte aussi les gens qui m’ajoutent, même s’ils viennent tous de France. Je n’ai jamais eu autant de succès là-bas que depuis que je suis à Montréal. J’ai postulé près d’une centaine de fois à présent, mais on ne veut pas de moi. Pourtant, quand je te regarde mon LinkedIn, je te vois grandir, apprendre, t’investir. Je t’alimente avec amour : j’aime tes logos et tes bullets point. Je suis tes entreprises, j’ajoute tes membres, je fais partie de tes groupes et je partage tes posts pertinents. Te voir me fait chaud au cœur et à l’estime de moi-même. Si ça pouvait aussi me faire chaud aux neurones et au portefeuille, je t’en serais grès.

LinkedIn, va falloir qu’on parle business. Tu veux combien ? Niveau prestation, on est comment ? Tu me fais un rabais ?

Les sites : des emplois qui font rêver

LinkedIn, ne m’aime pas je crois. Alors, je postule. Je postule sur Infopressejobs, Espresso-jobs, Grenier aux emplois, Artère, Carrefour des Arts, Indeed, Isarta, Emplois-Montréal.ca, etc. Passons tous les groupes Facebook dédiés à l’emploi à Montréal qui inondent ma page d’accueil.

Je postule avec enthousiasme, motivation, belles tournures de phrases et originalité. Car je trouve des offres d’emplois qui éveillent ma curiosité. Mon CV et ma lettre de présentation sont bien habillés, aux normes québécoises. Je fais de la qualité, je fais de la quantité. Je ne comprends pas.

De nombreuses offres d’emploi proposées ne le sont parfois que pour la forme. Je vois.

Recherche d’emploi à Montréal : dur dur

Je suis française, avec un visa vacances – travail. Une touche à tout unique. Je vise un secteur délaissé par ma génération et les suivantes, au sein duquel les offres d’emploi abondent de tous les côtés.

Je suis donc française, avec un visa de travail temporaire qui inclus le terme Vacances. Une touche à tout en concurrence avec des experts qui arrivent de l’International. Je vise le secteur prisé du divertissement, de la culture et de l’art. Mon réseau est peine à se développer et je suis peu confiante quant à mes capacités.

Après réflexion, ça prend du sens.

Loin de moi l’idée que tout ceci me freine. Je ne suis pas venue pour le « Canada Dream« , trouver mon « Eldorado ». Mais pour recommencer ma vie à 0. Ça se chevauche quand même un peu tout ça, hein ? Parfois, je désespère. Me mets sous la couette : rumine, rouspète et chiale une tablette de chocolat sous la dent et la télécommande dans la main.

Un emploi alimentaire oblige

Le plus simple, ça serait de trouver un travail à temps complet, alimentaire. Que nenni. Je préfère la complexité, ou juste ne pas péter un plomb parce que je m’enferme dans un travail que je n’aime pas, qui me fatigue et qui est payé une misère. Moi, je préfère péter un plomb avec un temps complet pour un salaire inexistant et un temps partiel que je n’aime pas, qui me fatigue et qui est payé une misère. Dit comme ça, c’est un peu « con-con ». Sauf que, mon temps complet me permet de montrer ce que je sais faire professionnellement, j’apprends aussi beaucoup, je « réseaute », et je me fais des amis, des potes, ou des connaissances.

Enfin ça, c’était avant. Parce qu’il y a eu une mise à jour depuis. Mon temps partiel rémunéré m’a laissé tomber pour cause de personnel trop nombreux. Ou pas. « I am free, like a river » mais maintenant, « I need a dollar » ou deux. J’ai mal à ma recherche d’emploi.

Le bénévolat, l’expérience clé

Ça va bientôt faire 6 mois que je suis à Montréal et ma vie est bien remplie. Fichtre qu’on m’a tanné avec le bénévolat, la porte d’entrée pour un futur emploi ; j’attends de voir. Un bénévolat, 2 bénévolats, ah, un poste à temps partiel ! Trois bénévolats, ah, un bénévolat qui se transforme en stage ! Quatre bénévolats. A ce jour, je travaille donc à temps partiel, je suis en stage à temps partiel, je suis bénévole à temps partiel (x2), j’écris des articles à temps partiel (x2). Ça vaut bien, au moins, un temps complet gratuit + un temps partiel rémunéré = j’ai mal au portefeuille. Le temps qu’il me reste, je le passe à manger, dormir et avoir une vie sociale, ou presque.

Somme toute, je les aime mes bénévolats. Le Festival Mural a été une fantastique expérience humaine et artistique, pour moi qui aime le Street Art. Au Juste pour rire, j’ai fait peu de shifts mais c’était très sympa. Quand j’ai su que j’allais faire du bénévolat aux Ballets Jazz de Montréal, j’étais toute excitée. J’intégrais le milieu de la danse qui m’avait tant manqué, une petite équipe dans une atmosphère agréable. Je suis passée de bénévole à stagiaire ; première victoire. Depuis peu, je fais également partie de l’Ainaf, une association qui a pour objectif d’aider à l’intégration des nouveaux immigrants francophones. Ça démarre, affaire à suivre.

Recherche d’emploi à Montréal : ma galère

J’avoue, j’ai dû manquer quelque chose en cours de route. Car je n’ai jamais fait autant d’efforts et autant galéré à la fois pour trouver un emploi. A l’époque tout venait tout cuit dans mon bec. J’ouvrais la bouche et paf ça tombait. Alors aujourd’hui, je m’essouffle. Je m’essouffle parce que j’ai des antécédents asthmatiques et surtout parce que c’est démoralisant de ne pas avoir de retours. Je savais que la concurrence était rude mais je ne m’attendais pas à ce que ça soit aussi long. J’étais sûre de mon profil, avec le temps je me pose des questions. Le fait que je ne soit pas spécialisée dans un domaine précis doit me desservir.

Mon entourage me dit : « Tiens bon, sinon tu finiras comme Jack. Je suis persuadé que tu vas bientôt trouver un super emploi ! » Vous savez, il y a des gens qui sont morts comme ça. Finalement, je comprends lorsque mes copines me toisent parce que je leur sors le même discours : « Je suis persuadée que tu vas bientôt trouver quelqu’un de formidable ! – smiley avec les dents dehors, smiley avec des cœurs dans les yeux, smiley biceps ».

A toi, qui cherche des talents

Cet avant dernier paragraphe est destiné à tout recruteur – qui ne viendra pas lire cette page, parce que mon blog est inconnu du grand public, et du public tout court. A tout recruteur qui osera donner sa chance à la fille formidable et pleine d’humour que je suis. « Mes compétences professionnelles sont diversifiées et riches. J’apprends et je m’adapte vite. Je suis motivée, j’ai envie de m’investir dans une entreprise dynamique, innovante, partager mes idées et exprimer ma créativité. Je suis positive et j’aime le relationnel. On fait un bout de chemin ensemble ?  »

Pour l’instant, je n’ai ni temps, ni argent. Très bientôt, mes efforts porteront leurs fruits #Espoir #Motivation #HealthyFood #Forceethonneur #GoodMood #Positiveattitude #IloveYoga #Prière #Montréal #Job #Embauchez-moi #Ineedadollar. Ce jour-là, je me plaindrais avec ironie parce que je n’aurai ni temps, ni vacances, pour dépenser mes gros billets.

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Omar omar
Invité
Omar omar

Ma copine de tout là-bas… Je garde espoir pour ta recherche, je sais à quel point cela est difficile de trouver le travail alimentaire et encore plus celui qui nous correspond.
Cependant garde la tete haute et garde les bras bien ouvert pour attraper « Le Job »
Ta nouvelle vie va être genial!!!

Tya
Invité
Tya

Je suis fan de ton blog !

Lovinah
Invité
Lovinah

Great text!!!👍🏾🔝🙏🏽

Alain Renaud
Invité
Alain Renaud

Bel article …. décalé …. j’adore ton genre. Bisous